Vocation
des lieux : pavillon des sciences de la vie

Aluminium;
base en béton; éclairage led.
Description
Lorsqu’on accède de l’extérieur au Pavillon
des Sciences de la vie, se dresse sur la gauche une sculpture monumentale
de forme organique faite en aluminium. L’aluminium fait écho à certains éléments
du bâtiment tout en évoquant le high-tech lié de
près au monde des sciences.
La verticalité de la sculpture et sa forme sinueuse participent à une
complémentarité formelle avec les cheminées de
ventilation; avec les courbes de la paroi fenestrée de l’atrium,
de la terrasse et du chemin qui y mène.
La sculpture mesure six mètres et se dresse en une longue tige
qui se termine en spirale comme un jeune spécimen de fougère.
Le sommet est entièrement couvert d’écailles comme
celles d’un poisson évoquant à la fois les règnes:
végétal et animal. La tige est formée de six facettes
dont les latérales sont divisées par une arête
centrale où alternent de petites demi-sphères en relief.
Si l’on s’approche, chaque sphère est en fait une
représentation de coquillage.
Le soir, la veilleuse s’allume à la tombée du jour.
La tête de la sculpture est éclairée de l’intérieur
d’où émane une lumière blanche, qui glisse
le long des parois des écailles ainsi que sous les sphères.
Cette lumière suit le rythme d’une douce pulsation jouant
avec les intensités lumineuses et les tonalités de
blancs chauds et froids.
La sculpture, comme une veilleuse projette au sol une lumière.
Celle-ci change de couleurs décrivant des variations de bleus
qui, comme un poème, prête vie à de nouvelles images
: la mer, le ciel, l’infini. Cet élément de composition
révèle une analogie avec l’outillage technogique
qui assiste le regard du scientifique lui permettant d’accéder à la
diversité des formes de la vie qui se dévoile sous la
lumière.
Figure des sciences de la vie, la veilleuse demeure simple et à la
fois complexe par ses détails et la diversité des contenus
se référant à la vie qui l’anime.
La veilleuse s’active selon un cycle diurne et nocturne, clin
d’oeil à la photosynthèse, mais surtout à l’image
de la vie qui suit les cycles du temps.
Le chercheur sous la veilleuse se table à l’affût
des idées nouvelles.
Thème
de la sculpture
J’ai recherché dans un premier temps, une forme qui évoque
la vie, le monde organique et le mouvement. La spirale symbolise bien
cette idée par la révolution de la courbe autour d’un
point concentrique dont elle s’écarte de plus en plus.
Plusieurs formes vivantes adoptent la spirale comme structure par exemple
certains coquillages ou certains organismes unicellulaires, mais encore,
la spirale est aussi la configuration des forces des éléments
et ces possibles infinis : les remous de l’eau; les cyclones;
les galaxies.
La sculpture proposée aux allures de fougère évoque
la nature savante avec ses constructions de formes géométriques
de la vie. L’enroulement de la vie lente et continue qui s’élance. À ce
propos, la fougère est un spécimen de prédilection
dans l’analyse de la dimension évolutive des formes vivantes.
Objet d’observation pour l’étudiant ou le visiteur,
cette sculpture combine un étrange amalgame entre les éléments
architecturaux des lieux, la technologie et la nature ! Belle découverte,
l’époque dévonienne se nomme aussi âge des
fougères. Mais que dire de celle-ci dont la nature hybride et
pulsative témoigne de l’âge des technologies et
qui, de son oeil lumineux pointe l’infini ?
La monumentalité de la sculpture et ces disproportions avec
le réel servent d’illustration des rapports différenciés
de l’analyse en biologie et des résolutions d’échelle.
Cette sculpture d’aluminium munie d’écailles, de
coquillages ou de sporanges lumineux évoque tour à tour
les technologies, la biologie, la culture et la nature.
Les sporanges, système de reproduction des fougères,
sont remplacés par des petits coquillages disposés le
long de la tige de la sculpture. Le soir venu, comme des petites lentilles,
ces formes se découpent sur un halo lumineux dont l’intensité varie
de façon très subtile. La lumière appuie cette
image des mécanismes de transmission de la vie. Elle s’épand
aussi sous les écailles de la tête inspirant, expirant
des scintillements monochromes de blanc.
De son oeil, la sculpture projette au sol des variations de teintes
lumineuses : passant des bleus de mer aux bleus azurés. Ces
nouvelles évocations s’interposent à l’idée
de dissémination de la sporée. Elle vient rompre la simplicité des
liens témoignant de ces brisures, de ces incertitudes nécessaires à l’avancement
de la recherche. Elle ajoute à la dimension de recherche et
ses résonnances multiples que l’oeuvre tend à produire.
La lumière qui émane de la veilleuse évoque la
réflexion, l’intimité du regard du chercheur, de
celui qui analyse. Image de la présence et de la vivacité de
l’esprit, sous la lumière jaillit un monde infini de découvertes.