QUEUE LEU LEU |
400 voitures miniatures en métal, papier kraf, végétaux. Posée au sol et s'élevant à peine de quelques centimètres, cette installation puise à même le lieu de présentation l'essence de son effet scénique. Envahissantes, elles semblent sortir des murs comme des insectes déambulant à la queue leu leu sur le sol. Ces phénomènes végétaux invitent à vivre une expérience poétique. Autant de voitures évoquent à la fois le trafic urbain, les foules, les dépotoirs de ferraille... Le transport dans cette fin de millénaire n'est-il pas devenu une préoccupation sociale ? L'individualité de chacun, l'autonomie nous amène à se déplacer seul dans notre petite cage de fer. Et pourtant ce geste banal, quotidien est en train de transformer notre rapport à l'environnement. En regardant cette installation, nous posons un regard neuf sur cette réalité mais nous sommes aussi transporté dans plusieurs mondes poétiques. Queue leu leu nous invite à scruter, à détailler du regard ces petits objets farfelus qui invitent à multiples interprétations. Des voitures naturelles ? Une drôle de vision où la nature semble s'accommoder des constructions humaines. Plus qu'une substitution de matière, cette installation au sous-titre murmures suggère une sonorité, un bourdonnement, un ronflement de vie. On peut imaginer autant de petite voitures émettent un même son, un continuum sonore urbain. Queue leu leu questionne aussi le rapport des constructions humaines à celui de la nature. L'homme est dominé ici par une nature envahissante, opportuniste qui se sert de ses constructions pour mener sans scrupule son chemin. Un renversement surprenant où la nature prend le volant !
Un échafaudage
de ferraille
destiné au rêve de la poésie florissante. |